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Le phare du Four

Le phare du Four fut construit entre les années 1868 et 1873 pour sécuriser le chenal du Four. Une construction qui s’avérera difficile de par la dangerosité des lieux.

Une construction pour sécuriser le chenal

Vers Porspoder, l’écueil du Four forme la pointe avancée d'une chaussée que les navires doivent contourner avant d'entrer dans le chenal du Four. Ce chenal était très fréquenté au XIXème siècle et au début du XXème siècle par une flottille nombreuse de caboteurs et de bateaux de pêche lesquels gagnaient un à deux jours de mer en passant au plus près de la côte plutôt que de naviguer au large d'Ouessant et de la chaussée de Sein où les fonds sont importants mais la mer toujours plus formée aussi. Ce gain de temps représentait aussi de graves dangers car la route dans la partie nord du chenal passait par des fonds de moins de 6 mètres entre la Valbelle et les Platresses et dans la partie sud entre la Grande-Vinotière jusqu'aux abords des Vieux-Moines.D'autre part la route suivait un parcours sinueux, dangereux en raison de la force des courants. Les marins de l'époque ne se satisfont pas des seuls feux alors en place, ceux de Saint-Mathieu  et de Kermorvan, donnant l'alignement dans la partie nord du chenal jugé bien insuffisant et réclament l'érection de deux phares aux extrémités du chenal. Il convenait de signaler plus précisément au nord les roches d'Argenton et les roches de Portsall et au sud la chaussée des Pierres-Noires. La Marine se fait de plus en plus pressante et la Commission des phares approuve finalement le projet pour la construction des deux phares.

Une construction ponctuée de tragédies

 Le 3 juin 1862 la première descente est effectuée sur la roche du Four pour des travaux de reconnaissance et de mesures. Un projet de forme identique à celui du phare des Pierres-Noires est présenté et le chantier commence. Il s'avère beaucoup plus difficile que prévu car il est impossible d'accoster la roche dès que la mer est un peu houleuse. Des lames de fond déferlent avec une telle violence qu'elles s'élèvent parfois à 20 mètres au dessus du caillou. D'ailleurs aucun entrepreneur ne prend le risque de se lancer dans cette aventure si bien que le phare est construit en régie.

En juillet 1868 ont lieu les premiers accostages de préparation : nettoyage de la roche à l'acide chlorhydrique, taille d'une embase circulaire pour recevoir les premières assises de pierres de taille, percement des trous de scellement et d'organeaux d'amarrage... La construction est difficile, avec de nombreuses heures de travail et un accident grave le 5 juin 1870. Malgré la guerre, la construction continue en août et septembre 1871. En 1872 les maçonneries en pierres de taille de Kersanton pour le parement et en granite de l'Aber pour les moellons de remplissage, sont achevées, le parapet est posé le 6 août et la lanterne est fixée le 16 août. Une trompette à vapeur Lissajoux est installée à la même époque.

Au cours de l'année 1873 les derniers travaux intérieurs de carrelages, menuiserie, serrurerie, sont achevés mais au prix d'un drame. Le 27 avril le canot de service mené par Hervé Jézéquel et François Leborgne arrive au phare avec le contremaître Le Brelivet, du matériel et des vivres. Le bâtiment mouille auprès du phare sur sa bouée d'amarrage quand une lame le prend par le travers, le soulève et le renverse. Les trois hommes sont projetés à la mer et meurent noyés. Le feu est pourtant allumé.

Sa description

Localisation : Porspoder, côté est de l'entrée du chenal du Four.

Epoque : 3e quart 19e siècle, année 1868

Description architecturale :

  • hauteur au dessus de la mer : 28 m.
  • Taille générale : 27,10 m.
  • Hauteur de la focale : 25 m.

Description : tour tronconique en maçonnerie de pierre de taille apparente. Fût terminé par une console assemblée par des plates-bandes supportant une balustrade à dés.

Plus d'informations sur le phare du Four dans la fiche dédiée

Témoignages de gardiens

Retrouvez les témoignages de François Le Noret, qui fut gardien au phare du Four de phare de 1964 à 1974 et de Gaston Penland, auxiliaire en 1966.