Partager cette page Imprimer cette page Ajouter cette page à mes favoris Conseiller cette page à un ami Agrandir les caractères Agrandir les caractères Réduire les caractères

Le phare d’Ar Men

Le phare d’Ar Men fut construit entre 1867 et 1881 pour faciliter la navigation dans la chaussée de Sein. Il reste le phare le plus romanesque de l’Iroise à cause des difficultés liées à sa construction.

Une construction mouvementée

"Le grand plateau de roche connu sous le nom de Chaussée de Sein est tellement dangereux, que nous pouvons affirmer que tout navigateur qui le traversera, sans le secours d'un bon pilote de l'île de Sein, ne devra son salut qu'à un heureux hasard..." signalait l’hydrographe et cartographe Beautemps-Beaupré. Cette singulière formation restait tristement célèbre dans les esprits des marins car l'on ne comptait plus les navires échoués ou coulés sur la chaussée. La Commission de 1825 chargée de préparer le rapport concernant l'éclairage général des côtes de France décida d'établir un feu sur la pointe du Raz et un autre sur l'île de Sein ; mais si les marins savaient qu'il fallait se tenir à grande distance de cet alignement lumineux pour éviter de tomber sur les écueils rien ne leur permettait d'estimer cet écart nécessaire vers le large. Les naufrages, ne cessèrent pas pour autant et les plaintes de plus en plus nombreuses affluaient. En avril 1860, la Commission des Phares demanda que la question fût examinée avec le plus grand soin afin de constater s'il n'était pas possible d'établir un phare sur l'une des têtes émergeantes à l'extrémité de la Chaussée.

Les premières études sur le terrain débutèrent et une mission tenta une descente sur la roche la plus occidentale, Ar-Men, mais échoua. En conclusion, il semblait bien que toute construction en un lieu aussi exposé était impossible. On demanda à la Marine de procéder à une reconnaissance hydrographique approfondie pour rechercher le meilleur site, mais les trois tentatives de débarquement effectuées en 1861 se soldèrent elles aussi par des échecs.

Malgré tout, le Dépôt des Cartes et Plans reprit en août 1866 sa mission. Le syndic des gens de mer de l'île de Sein, Tymeur, parvint à poser le pied sur la roche et prélever un échantillon. Après sept accostages, la campagne 1867 s'achevait : huit heures au total passées sur Ar-Men afin d'effectuer le percement de 15 trous de trente à quarante centimètres de profondeur. L'année suivante les travaux reprirent sur le roc. On parvint à exécuter des dérasements partiels et à percer 40 trous supplémentaires.

Réaliser l’impossible

La construction proprement dite débuta en mai 1869. On disposa alors les premiers moellons bruts en grès, provenant de l'île de Sein. A la fin de la campagne de 1869, après 24 accostages fructueux et 42 heures passées sur la roche on avait exécuté 25 m3 de maçonnerie, que l'on retrouva intacts l'année suivante. Mais l'on s'inquiéta de la lenteur des travaux et des chances réelles de succès. Jamais aucune construction de ce genre n'avait coûté aussi cher.

La campagne de 1870 ne permit que 8 accostages pour 19 heures sur la roche ; celle de 1871 ne fut guère plus brillante mais il convient de noter qu'elle eut lieue. A la fin de la campagne, les maçonneries dominaient de 3 mètres la tête la plus saillante de la roche.

En 1880, l'essentiel des travaux était achevé, "on peut dire aujourd'hui que cet impossible est réalisé, après 12 années d'efforts [...]", annonce l'ingénieur en chef Fenoux au préfet du Finistère, le 12 août 1880. En effet, pour la première fois le feu fut allumé le 18 février 1881, par les quatre premiers gardiens nommés. Un soubassement plus large fut construit entre 1897 et 1900.

Sa description

Localisation : à l’ouest de l’île de Sein
Epoque : 2e moitié du 19e siècle, années : 1867 à 1881

Description architecturale :

  • hauteur au-dessus de la mer : 33,50 m.
  • Taille générale : 37 m.
  • Hauteur de la focale : 33,50 m.

Description: tour tronconique en maçonnerie de pierre de taille de grès et de granite blanchie dans sa partie haute, peinte en noir dans sa partie inférieure, avec deux abris en maçonnerie lisse accolés, l’un au nord-Est, l'autre à l'est, à la partie inférieure, sur un soubassement de forme irrégulière en maçonnerie de pierres apparentes. Fût terminé par une corniche supportant une rambarde métallique. On accède à la lanterne par un escalier en vis avec jour

Plus d’informations sur Ar Men dans la fiche dédiée.