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La bolinche, le métier du « poisson bleu »

L’activité de pêche à la bolinche a bénéficié des progrès technologiques lui permettant de mieux détecter les bancs de poissons. On note un attrait renouvelé pour ce métier qui permet de cibler de plus en plus finement les espèces pêchées. Contrairement à d’autres métiers, ce ne sont pas les espèces vivant sur le fond qui intéressent les bolincheurs mais les poissons dit pélagiques, se déplaçant entre le fond et la surface. Parmi ces espèces qui portent le nom générique de poisson bleu, la sardine occupe de loin la première place en termes de débarquements. 

La bolinche

 

La bolinche est un filet permettant d’encercler un banc de poissons, préalablement  repéré grâce à un sonar, et de le capturer en refermant la poche par le dessous (le boursage) grâce à un système d’anneaux coulissants montés sur une ralingue peu à peu ramenée à bord. Les poissons pris au piège peuvent alors être capturés vivants à l'aide d'une salabarde, sorte de grande épuisette.

Ce métier présente l’avantage de pouvoir relâcher la prise si elle ne correspond pas aux attentes du professionnel. La bolinche permet en effet  de relâcher le poisson vivant si, par exemple, le tonnage du banc encerclé est supérieur à la commande faite par un acheteur, ou que la proportion de juvéniles est trop important dans ce banc.

En Bretagne, le filet mesure en général 350 mètres de long pour 65 mètres de hauteur. Les opérations de pêche se déroulent de jour comme de nuit.

La flottille en Iroise

Les vingt bolincheurs qui travaillent actuellement dans le Parc exploitent essentiellement la baie de Douarnenez, la côte nord du cap Sizun, la zone située à l’ouest de Camaret-sur-Mer et le sud de l’île de Sein. S’ils sont majoritairement originaires des quartiers du Guilvinec ou de Concarneau, Douarnenez reste le principal port de débarquement de leur espèce phare : la sardine.

 >> les ports de pêche du Parc

Enjeux du métier dans le Parc

Saisi en fin d’année 2009 sur une augmentation du nombre de licences bolinche dans son périmètre, le conseil de gestion du Parc a émis un avis conforme sur la pêche à la bolinche en  février 2010, dans lequel il se prononce pour la stabilisation à vingt licences autorisées dans son périmètre. Les membres avaient alors dans l’idée de limiter les prélèvements sur les stocks de poisson bleu mais aussi de poisson blanc (bar, griset…) dont d’autres métiers sont directement dépendants.

C’est pourquoi cet avis a été assorti de recommandations qui incitent les bolincheurs à stabiliser les prises de sardine sur l’année de référence 2009 (délivrance d’un nombre maximum de 20 licences dans le Parc), à mieux encadrer les prises accessoires de bar et de griset et à instaurer un repos biologique sur le bar. Cet avis incite également  les bolincheurs à coopérer avec le Parc, via des campagnes scientifiques de connaissance de leur métier. Cette recommandation a été respectée puisqu’une campagne d’embarquements d’une année spécifique à cette pêcherie était déjà en cours de discussion avant cet avis conforme et a été conduite, depuis, de 2010 à 2011.

Les résultats de l’étude sur la pêche à la bolinche en baie de Douarnenez

Cette campagne d’observation des agents du Parc naturel marin, en partenariat avec les professionnels de la pêche et l’Ifremer  était axée sur quatre points :

  • l’impact de l’engin sur l’habitat,
  • les rejets générés par ce type de pêche,
  • les captures accessoires (notamment de poissons blancs, tel le bar), au centre des  tensions entre bolincheurs et métiers de la petite pêche en hiver en baie de Douarnenez,
  • les données pour mieux appréhender les stocks de poissons bleus.

Soixante-quatre embarquements à bord de treize bolincheurs ont été réalisés. L’impact de la senne sur les petits fonds a été jugée négligeable (peu de remontée de benthos). Les rejets sont considérés comme faibles puisque cette technique de pêche offre la possibilité de relâcher le poisson s’il ne correspond pas à l’espèce ou à la taille visée. Les embarquements n’ont pas permis d’observer des captures accessoires assez importantes pour permettre une évaluation sur l’ensemble de la flottille. Et cette question des captures accessoires de poissons blancs, source de conflits entre les flottilles qui se partagent une même ressource, ne peut être tranchée par un programme d’embarquements. Sur la connaissance du poisson bleu, le programme a permis d’en savoir plus sur la saisonnalité d’espèces comme la sardine et la localisation exacte des captures.